Quelque part, dans un pays d’Europe centrale, une femme cherche
comme bon nombre de ses concitoyens, à fuir sa terre natale. Le
narrateur de ce roman, fonctionnaire zélé de cet Etat dont on ne
connaîtra pas le nom, décide de l’accueillir après l’avoir remarquée
au milieu de la foule se pressant aux portes de ses services.
Brutalement épris d’elle, il lui offre de l’héberger le temps de lui
obtenir un passage vers la liberté. S’ensuivra une étrange
cohabitation, couronnée par un mariage non consommé, ponctuée par un
immuable rituel : la trouble confession, une fois la nuit tombée, du
passé d’Hannah. Le climat étouffant qui baigne cette histoire
d’amour ambiguë n’a d’égal que celui faisant le quotidien d’une
société en pleine déréliction, sous étroite surveillance, aux
résonances très contemporaines.
Quatrième de couverture :
"Ah mes amis, écoutez-moi encore un peu, laissez moi nous dire
comment je l'ai aimée, comment j'ai cru la posséder. Elle était si
belle et j'étais si fier d'être son époux, de me promener à son
bras, de vous regarder m'envier, moi qui, par le passé, fut pauvre
et méprisable.
Laissez-moi vous dire comment elle était rayonnante et digne, ce
jour ou pour la première fois je la vis. Elle aussi voulait gagner
l'autre rive, et de cette fuite je détenais les clefs.
Ecoutez moi encore et je vous dirait comment je lui fit miroiter ce
départ pour la garder prés de moi.
Laissez-moi vous dire ce qui me consume, m'obsède et me détruit."
"Elle est apparue au
milieu d’eux, habillée de noir, avec un chapeau et une voilette
comme on en fait plus depuis la génération de nos grand-mères.
Est-ce possible ou impossible à croire ? Je l’avais repérée assise
sur un banc de bois, après les autres, elle regardait uniquement ses
pieds, et jamais, oh non jamais, elle ne leva les yeux vers le
guichet...."
Vanessa Postec , Lire.fr
« Huis clos oppressant, Les ombres d'Hannah sont le roman d'un amour
obscur et singulier. Celui d'un homme torturé mais lucide pour une
femme retorse et passionnée. Servi par une écriture lumineuse, cet
ouvrage ciselé renouvelle les thèmes éculés de la mort et de l'amour
et consacre le talent d'Alain Monnier, spécialiste de l'énergie
solaire et écrivain discret.»
Sébastien Lapaque , Le Figaro littéraire
« C’est un livre rare, aux résonances
à la fois très anciennes et très modernes. (…) Le charme de cette
fable est sa couleur antique. Seuls manquent les réponses du
Coryphée et le murmure des Dieux. Telle est l’implacable morale de
l’histoire : nos tragédies sont les tragédies d’un homme sans
ailleurs. »
Charlotte Asper , Télérama
« Torturé, inspiré, touchant, obsessionnel, détestable, lucide,
Alain Monnier en remontrerait à bien des héros raciniens. L'histoire
de cet amour ambigu, égaré dans le temps - imprécis - et dans
l'espace - quelque part en Europe - brouille la piste du genre
romanesque traditionnel et consacre Alain Monnier en tragédien hors
classe. »
Pierre Lépagnol , Ramdam
« Un climat dérivé de la Trieste fin
de siècle d’Italo Svevo, mais qu’on imagine ici revue et corrigée
par Bilal dans une science-fiction un peu moite. Ajoutons un
arrière-pays hostile où sont relégués les condamnés et une
administration inquiètante et totalitaire. Le décor est planté (…)
Une manipulation permanente, envoûtante comme cette Mitteleuropa
chère à l’auteur. »