Dans cet ample roman à l’écriture admirablement maîtrisée dans ses
métamorphoses, Alain Monnier compose la saga d’une lignée maudite.
Comme dans ses œuvres précédentes, l’auteur de Signé Parpot fait
preuve d’une grande inventivité narrative en choisissant
d’entrelacer ici des récits de factures différentes. D’un chapitre à
l’autre alternent la chronique d’un improbable royaume du Pacifique
doublée du portrait de son souverain de pacotille, la biographie
aussi fraternelle que controversée de son fils, résistant et
diplomate honoré, homme public virtuose de l’ambiguïté, le testament
en forme de mémoires de son petit-fils, homme d’affaires à succès
rejeté par les siens, et les aventures en direct sur la toile de son
arrière-petit-fils, jeune immortel voulant ignorer l’histoire.
La juxtaposition de ces modes de narration contrastés, d’abord
déroutante par l’entrecroisement des époques, des personnages et des
styles qu’elle implique, compose un ensemble d’une surprenante unité
de ton.
Quatrième de couverture :
"L’ultime étape de notre marche forcée vers le bonheur absolu est en
vue. Bientôt, en renonçant à la conscience qu’il en a, aux
souffrances et terreurs qu’elle provoque en lui, l’homme saura se
débarrasser de cet invraisemblable archaïsme qu’est la mort. Et
l’humanité, enfin délivrée des forces obscures qui l’entravent
depuis toujours, ira, triomphante, vers sa bienheureuse ruine
définitive. Cette tragédie, celle d’une humanité sans ailleurs, est
aussi celle des Ordivicien, qui, quatre générations durant,
tenteront d’échapper à ce cauchemar nommé Histoire par de
pathétiques stratégies de fuite qui ne feront qu’en accélérer le
cours.
Ce roman contre-utopique ambitieux, tant par les modes de narration
qu’il entrelace que par la diversité des mondes qu’il explore, mêle
des destins tragiques immémoriaux aux événements historiques des XXe
et XXIe siècles. La verve délirante et l’humour noir explorent ici
la quête d’immortalité qui anime ceux qui sont contraints de naître
des cendres de leurs pères. Alain Monnier, en jouant des contraintes
narratives toujours nouvelles qu’il s’impose, nous offre avec ce
roman des légendes modernes qui éclairent ce que nous pensions
savoir du manque, de la solitude et de la mort."
"Cette
nuit est la plus grande nuit de ma vie ! C’est une nuit historique !
J’aime cette lune grasse qui m’éclaire et m’éblouit, ces doux
embruns du Pacifique, cette fraîcheur des rives sauvages. Je
voudrais encore entendre ce messager, ces paroles et ces rumeurs du
continent. Je savais que mon heure viendrait, je savais que mon
jeune royaume laverait les humiliations du passé, et que le destin
d’Ordivicien Premier était de peser sur le monde..."
Philippe
Muray , Le Figaro Magazine du 7 septembre 2002
« Cela dit, pour couper court à toute accusation de négativité, je
veux noter d'emblée que j'ai lu au moins un très beau livre "de
rentrée" : celui d'Alain Monnier, Survivance, publié chez Climats,
qui raconte en détail de manière prodigieusement drôle et perverse,
sur plusieurs générations, la montée de l'humanité vers le cauchemar
du bonheur perpétuel et virtuel»
Bernard
Teulon Nouailles ,
L’Art-Vues
SURVIVANCE, Les fargier (1895-2060)
« Alain Monnier est ce qu’il est arrivé de mieux au petit monde
littéraire de ces dix dernières années. Toutefois, si les deux
Parpot, Côté jardin ou L’insoluble problème de la présence sur terre
ne laissaient pas de surprendre, le dernier publié, Survivance, est
un véritable chef d’œuvre d’inventivité et de synthèse, historique
et formelle (…) Un livre trop riche pour qu’un simple compte-rendu
puisse en résumer la substance et qui se situe dans la filiation
d’un Faulkner complexifié, parce qu’il nous oblige à zapper d’une
génération à une autre, renouant avec cette littérature de la
discontinuité dont Barthes rappelait qu’elle faisait d’autant plus
participer le lecteur.»
Jean-Marc Laherrère ,
www.mauvaisgenres.com
"Au travers de ces quatre récits
entremêlés, Alain Monnier dresse un tableau bien sombre du XX siècle
et de ses atrocités, et nous prévoit un avenir totalement
déshumanisé. En même temps, il nous tient en haleine, nous livrant
avec un sens éprouvé du tempo des petits bouts de vérités, des
morceaux de terribles secrets, jusqu'à laisser deviner la terrible
malédiction qui a pesé sur la famille Fargier. A lire absolument."
Jacques Griffault ,
www.initiales.org
"Le livre, et c’est un de ses
attraits, n’est pas construit de façon chronologique, ce qui permet
à l’auteur de rapprocher des époques (ainsi la guerre de 14-18
va-t-elle côtoyer celle du Vietnam), de les faire s’éclairer les
unes les autres et d’entrelacer les modes de narration.
Un roman ambitieux, très construit, qui nous fait revivre notre
histoire passée et notre futur proche. Avec verve et humour".
Danielle RR , L'avis de la Fnac -
Sélection Rentrée 2002 TOCADE
"Vrai plaisir de lecture pour cet ouvrage qui entrelace sept plans
différents de narration (si l'on intègre aux plus longues lignes de
récits les deux articles de journaux, Libération et le Monde) non
linéaire : le lecteur est le constructeur de ce roman à la
chronologie subvertie et à l'émergence progressive d'une vérité à
facettes multiples. Humour savoureux, satire enlevée, mélange
heureux de genres, de tons, de voix, de textes : la chronique des
Fargier joue subtilement sur les différents degrés de lecture, sur
l'intertextualité virtuelle, et sur l'écriture virtuelle. L'écriture
et ses possibles ouvre une réflexion sur la vie, l'action
(l'héroïsme et la lâcheté), l'éthique et l'histoire, sans lourdeur :
le lecteur, dans le sillage des personnages qu'il côtoie par
intermittence (ce mode narratif renforce l'illusion de durée), est
plongé, par les visions directes et indirectes, dans les abîmes des
actions et des êtres quand l'Histoire les pousse à être ce qu'ils
sont."