Interview En exclusivité, pour
ses fidèles lecteurs.
Interview à l'occasion de
l'arrêt des activités de Climat (2005)
Votre éditeur arrête ses activités, que
ressentez-vous ?
Depuis mes débuts, il y a douze ans, je
suis édité par Alain Martin aux Editions Climats, une maison qu'il a
créée et fait vivre avec talent et éclectisme, avec une grande sincérité
quant à ses choix, et en assumant des envies parfois en contradiction
avec la dictature de la gestion financière. Douze ans, c'est le temps
d'une longue histoire, d'une réelle amitié... Je suis triste que cette
page se tourne, même si je sais que l'amitié et le compagnonnage
littéraire évidemment se poursuivront...
Les auteurs passent souvent d'un éditeur à un autre... pas vous ?
Je suis quelqu'un de fidèle dès lors que
je suis dans un climat de confiance... Je ne pense pas que l'herbe soit
toujours plus verte ailleurs, ni que la perfection soit de l'autre côté
de la rue. Il y a des avantages et des inconvénients en chaque chose, il
faut simplement être clair sur ce qui nous importe en premier lieu : les
relations qui nous lient aux autres, la notoriété, l'argent, nos propres
transformations... Durant ces années, j'ai vu autour de moi de nombreux
auteurs éprouver de rudes déconvenues et nourrir des amertumes sans fin.
Il faut être chaque jour conscient des chances qui sont entre nos mains
et savoir les chérir, c'est la seule manière d'être heureux. En tant
qu'auteur aussi.
Et pour la suite ?
Je ne sais pas encore. Je viens de
terminer un manuscrit qui s'appelle "Givrée". C'est une fable assez
drôle. Encore faut-il que ce texte trouve un éditeur qui apprécie cette
façon de parler du monde qui nous entoure.
Interview à l'occasion de
la sortie de Survivance (2002)
Comment êtes-vous arrivé à l’écriture ?
Quand avez-vous commencé à écrire ?
En lisant beaucoup… et avec de multiples tentatives avortées en cours de
route, jusqu’au jour où je me suis obligé, malgré les doutes, à « aller
au bout » du texte que j’avais entrepris.
Mes premiers souvenirs en la matière remontent à la classe de cinquième.
Avec un camarade, nous écrivions en cachette un roman policier.
Avez-vous des héros littéraire ?
De nombreux… Modlizki de Ungar, Kafka « héros » des lettres qu’il écrit
à Miléna ou à son père, Meursaut, Lucien de Rubempré, Solal, Odette de
Crécy, Proust « héros et écrivain », tant d’autres… René Leys.
Vous en êtes à votre sixième livre, lequel est votre préféré ?
J’ai évidemment une grande faiblesse pour « Signé Parpot », certes parce
qu’il a été mon premier livre, mais surtout parce qu’il m’a permis de
très nombreuses rencontres avec les lecteurs. Il y a eu un fort courant
de sympathie autour de ce personnage. Ce livre reste un moment important
de ma vie.
Si je me place sur le plan de l’écriture, je crois que ma préférence va
vers « Les ombres d’Hannah », qui est sans nul doute le plus exigeant et
le plus serré de mes romans.
Quant au dernier, « Survivance », il est trop récent pour que je puisse
établir une juste distance avec lui.
Quels livres sont actuellement sur votre table de chevet ?
Il y en a toujours plusieurs… « Entre la vie et la mort » de Nathalie
Sarraute, « La confrontation » de Louis Guilloux, un essai de Boris
Cyrulnik.
Y a t-il des livres que vous n’avez jamais terminés et pourquoi ?
« Ulysse » de Joyce… à mon grand regret. J’ai essayé à deux reprises. Je
le reprendrai plus tard. J’ai eu le sentiment de passer devant une
demeure fermée qui ne m’offrait aucun accès.
Il y a d’autres ouvrages que je n’ai pas terminés, et au sujet desquels
je n’ai éprouvé aucun remord ! Tout simplement parce qu’ils m’ennuyaient
et ne me conduisaient nulle part. Ni par la narration, ni par
l’écriture, ni par le sujet…
Votre livre préféré quand vous étiez enfant ?
Dans l’enfance, ce sont plus les héros que les livres qui nous
attachent. Les livres qu’on met sur un piédestal, me semblent arriver
avec l’adolescence.
Pour répondre à votre question, je vous dirai « Arsène Lupin » de
Maurice Leblanc, « Sherlock Holmes », le « Comte de Monte Cristo »
aussi, le « Capitaine Fracasse »…
Si vous aviez un livre à offrir… quel serait-il et pourquoi ?
Je ne sais pas répondre. Je choisis toujours mes cadeaux en fonction de
ce que je crois savoir de la personne… et pour un livre, j’essaie
toujours de trouver, parmi les livres que j’aime, celui qui devrait lui
plaire.
Faire un cadeau est important, c’est un instant d’intimité et de gêne,
il est agréable de bien le réfléchir. J’ai eu offert « Le rivage des
Syrtes », « Pedro Paramo », « Belle du Seigneur », « L’heure bleue », «
Mes amis » de Bove… Ce sont des livres différents.
Retrouvera-t-on Parpot un jour ?
Oui, certainement… J’attends qu’il revienne frapper à ma porte.